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Dénigrons - nous la Côte d'Ivoire ou critiquons - nous la gouvernance de Dramane Ouattara ?

Info du moment 7J/7 Isaac Pierre BANGORET (Écrivain) - Dimanche 25 Juin 2017 - 0 Commentaire| Lu 741 fois |



L’appel d’Aboboté du ministre de l’intérieur de Dramane Ouattara lancé à l’endroit de ses compatriotes qui dénigreraient la Côte d’Ivoire nous interpellent tous, pour la simple raison que de telles assertions peuvent être à l’origine d’un projet de loi dans ce pays, en vue de museler l’opposition et les journalistes. Cet appel fait en effet une confusion monstrueuse entre la figure du chef de l’État et la nation ivoirienne, entre critique et dénigrement, entre bonne gouvernance et pacification du pays. L’on peut lire sur Koaci.com du jeudi 22 juin 2017 ces propos du membre de l’exécutif ivoirien: «Nous n’avons pas le droit de dénigrer notre pays parce que les pays (développés) connaissent également des problèmes».

Avant de tirer ces conclusions qui constituent une menace voilée à l’adresse de tous ceux qui s’opposeraient à leur vision politico-économique, Hamed Bakayoko fait cette précision au sujet de la rencontre entre le président Macron et Dramane Ouattara: «Il (le président Macron) a regardé quel est le pays qui a fait plus de progrès en Afrique qu’il faille encourager par un message fort. Son choix s’est porté sur le président sur le Président Ouattara. Il a été le premier à être honoré par une audience. Dans d’autres pays, le retour du président aurait été célébré comme le retour des éléphants footballeurs tellement que ce genre d’événement est porteur de message et nous remplit de dignité». Ce fait mérite d’être confronté avec les orientations politiques du président français pour aboutir à une analyse objective du choix opéré par ce dernier de recevoir en premier à l’Élysée Dramane Ouattara, qui n’est pas la Côte d’Ivoire.

Affirmer que les critiques formulées à l’encontre de Ouattara reviendrait à dénigrer la Côte d’Ivoire jette un discrédit sur la démocratie ivoirienne, parce que de telles interprétations assimilent Ouattara au Roi-Soleil dont les pratiques sont résumées par la célèbre formule: «l’État, c’est moi». L’État désigne la personne morale de droit public qui, sur le plan juridique, représente une collectivité, un peuple ou une nation à l’intérieur ou à l’extérieur d’un territoire déterminé sur lequel elle exerce le pouvoir suprême, la souveraineté. La motion de censure, ce moyen dont dispose un Parlement pour montrer sa désapprobation envers la politique du gouvernement et le forcer à démissionner, démontre qu’il nous faut éviter dans une nation démocratique de faire cette monstrueuse confusion entre l’État et son Chef, qui n’est pas au-dessus de la Loi fondamentale.

C’est le peuple, qui confie normalement sa souveraineté à cette personne morale qu’il a le droit de critiquer si elle est incapable d’œuvrer à son bien-être, au progrès de la nation perceptible dans le panier de la ménagère, et non à travers des actes politiques ostentatoires qui asservissent et avilissent ses citoyens au lieu de les libérer du joug de ses oppresseurs. Le souci du président Macron de créer dans son pays, grâce à une politique de relance et non d’austérité, des richesses à partager de manière équitable avec tous les citoyens français, l’a amené justement à proposer par le biais de Bayrou, le président du Modem, un projet de loi en vue de la moralisation de la vie politique.

Les différentes démissions de ses ministres enregistrées à l’occasion de la formation de son nouveau gouvernement expliquent, partiellement et logiquement, son choix de rencontrer en premier Dramane Ouattara, le leader du RDR à l’origine du déshonneur de la France sur le banc des accusés à la Cour pénale internationale. Le président Macron attaché aux valeurs morales et au rayonnement de son pays dans le monde ne peut rester indifférent aux conséquences négatives des choix politiques de ses prédécesseurs sur l’image de la France à l’extérieur de ses frontières, ainsi qu’aux propos du Président Laurent Gbagbo publiés dans le journal Mediapart. Il regarde aussi d’un mauvais œil la part des marchés accordée aux entreprises françaises dans cette Côte d’Ivoire de Dramane Ouattara où les marchés sont concédés de gré à gré.

Lorsque le ministre loue les qualités du peuple Atchan, l’ironie est à son comble: «Heureusement » affirme-t-il, «quand on a ce genre de cérémonie ou de façon volontaire et libéré, un peuple qui a marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire par une caractéristique essentielle qui est sa vérité, les Atchan vous appellent pour vous dire merci, c’est un merci qui fait chaud au cœur, c’est un merci qui donne de l’énergie pour continuer le travail». Il est bon de rappeler à ceux qui méconnaissent l’histoire récente de notre jeune nation que le ministre s’adresse à un peuple pacifié et non libéré qui a payé un lourd tribut pour son attachement à la vérité.

Ces propriétaires fonciers naturels de la ville d’Abidjan ont été maintes fois victimes de la politique pacificatrice de Dramane Ouattara entérinée par les faits. Le village ebrié d’Anokoi-Kouté fut attaqué à l’arme lourde en 2011 par les rebelles pro-Ouattara qui ont assassiné au moins trois villageois et fait une trentaine de blessés. Ils avaient déjà attaqué les villes de Duékoué, Lakota, Guiglo Issia, Divo, incendiant des villages entiers et causant de nombreuses pertes en vies humaines (AMP 07 mars 2011), Quand nous savons qu’avec la politique foncière de Dramane Ouattara, le peuple Atchan court le risque d’être spolié de ses terres, il sied qu’il collabore, contre son gré, avec ce gouvernement, qui vient de payer le reliquat de deux millions à ses mutins, afin de poursuivre la pacification de la Côte d’Ivoire, au grand dam de la Cour pénale internationale, chargée de consolider le colonialisme juridique des peuples africains administrés par des gouverneurs africains et non par des présidents légitimement élus. La réalité, les faits politiques, sont conformes au jugement aboutissant à une vérité de fait qui balaie du revers de la main le discours démagogique du ministre de l’intérieur de Dramane Ouattara.

La réconciliation en Côte d’Ivoire ne se fera que dans la vérité. Parler de justice en Côte d’Ivoire est une parodie, puisque l’on ne peut préconiser comme solution à un contentieux électoral la guerre et rendre comptable de ses propres crimes le président Gbagbo, qui proposait le recomptage des voies, comme au Gabon, pour désigner le vainqueur véritable de ces élections. Que le ministre Hamed Bakayoko souffre donc de voir ses compatriotes critiquer la gouvernance du régime d’Abidjan dissociable de la Côte d’Ivoire représentée par le peuple ivoirien qui est, selon notre Constitution, souverain. Ce peuple est composé de toutes les forces vives de la nation ivoirienne; gouvernants et gouvernés, car l’État c’est nous et non Dramane Ouattara.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

Dimanche 25 Juin 2017
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