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France, la belle reprise de l'emploi des cadres

News en temps réel - A53News.com le Mercredi 24 Janvier 2018 à 06:24 | Lu 146 fois

Dopées par le retour de la croissance, les entreprises attirent de nouveaux ingénieurs, vendeurs, informaticiens et autres. Au point que la pénurie se cache dans certains secteurs.



Changez de boîte pour voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs, Sophie Clément n'y avait pas pensé. A 28 ans, l'auditeur d'une société financière de Nancy grimpe tranquillement l'échelle pendant quatre ans. Certes, elle n'a pas toujours été reconnue à sa juste valeur et ses collègues moins coiffés se sont vus confier de plus belles missions. Mais de là à claquer la porte sur un coup de tête ...

Seulement à force de recevoir récemment plusieurs offres d'emploi attractives par semaine sur son compte LinkedIn, elle a fini par se jeter à l'eau. Début janvier, elle débutera chez Clémentine, start-up spécialisée dans la comptabilité en ligne, avec une augmentation de salaire et plus de responsabilités. En même temps, son ami, qui ne l'aimait pas, en sa compagnie, fera ses premiers pas en tant qu'acheteur dans un grand groupe de construction, avec une meilleure situation.

Tout comme cette coupe lorraine, les cadres français ont toutes les raisons d'accueillir 2018 avec enthousiasme. "Après le trou aérien de 2013, le marché s'est redressé il y a un peu plus d'un an, accueille Antoine Morgaut, président du Syntec Recruitment Council, le syndicat des cabinets de recrutement, constatons même une nette accélération." Selon les derniers calculs de l'Association Près de 215 000 cols blancs ont été embauchés l'année dernière pour l'emploi des cadres (Apec), ce qui constituerait un record historique. Mieux encore, en faisant tourner ses modèles économétriques, l'Apec s'attend encore plus en 2018 et 2019, à moins, bien sûr, qu'une catastrophe internationale, ou une crise financière, ne freine la croissance.

Pour les milliers d'ingénieurs, de commerciaux et d'autres financiers qui cherchaient désespérément à ne jamais pouvoir changer d'emploi, cette bonne nouvelle arrive au bon moment. Certes, par rapport à d'autres catégories professionnelles, nos cols blancs ont toujours été favorisés, avec un taux de chômage dépassant rarement 5% (il se situe aujourd'hui à 3,5%). "Mais, ces dernières années, ils ont eux aussi souffert de la crise, car de nombreuses entreprises ont maintenu leurs services en sous-effectifs pour réaliser des gains de productivité", a déclaré Thibaut Gemignani, PDG de Cadremploi. Résultat, beaucoup de pression et une charge de travail de plus en plus lourde pour les salariés concernés, sans toujours une reconnaissance de la part de leur hiérarchie. "Maintenant, ils auront moins peur de démissionner", explique Fabrice Coudray, du cabinet Robert Half.

Le marché a en effet déjà commencé à être fluide. Le taux de mobilité externe (c'est-à-dire la proportion de cadres qui changent d'entreprise chaque année) calculé par Deloitte remonte. Mais c'est en bougeant que l'on peut espérer une extension de sa masse salariale. En 2016, par exemple, selon l'Apec, seulement 43% des cadres n'ayant pas changé d'emploi ont connu une augmentation, alors que la proportion était de 66% pour ceux qui avaient été recrutés ailleurs.

En d'autres termes, pour obtenir les profils dont ils ont besoin ou conserver leurs meilleurs éléments, HRD devra maintenant faire un geste sur salaire. "Ce sera au cas par cas, avec des bonus individualisés et davantage d'efforts sur les métiers en pénurie", prévient Philippe Burger, spécialiste RH chez Deloitte, qui exclut toute escalade déraisonnable, le contrôle de la masse salariale oblige.

France, la belle reprise de l'emploi des cadres
Quels sont les profils qui peuvent en profiter ?

A n’en pas douter, d’abord les métiers informatiques. Commerce, industrie, banque, assurances : dans tous les secteurs, les sociétés sont en effet contraintes d’investir massivement pour faire face à la numérisation grandissante de leurs activités. Le phénomène touche à la fois l’organisation interne, les services achats, la production, la communication, le marketing, la gestion de clientèle, les relations humaines, bref, toutes les facettes de l’entreprise. Développeurs pour mettre au point de nouveaux logiciels, administrateurs pour gérer les réseaux, ingénieurs cybersécurité pour les protéger, data scientists pour exploiter les montagnes de données disponibles…

Les éditeurs de logiciels et les sociétés de services informatiques et de conseil qui vendent leurs prestations aux grands groupes ne sont plus les seules à s’arracher ces profils très pointus. "Nos clients veulent également en avoir dans leurs effectifs ", observe Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique, le syndicat des entreprises du secteur. Idem pour la myriade de start-up high-tech qui constituent autant d’employeurs concurrents, surtout quand elles ont levé des fonds. "Désormais, le grand défi, pour les recruteurs, c’est de parvenir à fournir en experts du digital toutes ces entreprises demandeuses", constate Frédéric Benay, directeur général du cabinet Michael Page.

Pas étonnant que les rémunérations dans le secteur grimpent. "En trois ans, le salaire moyen d’un développeur a augmenté de 10% à Paris, calcule Jacques Froissant, président du cabinet Altaïde, celui d’un data scientist de 20%." "Quand ils changent d’entreprise, ces cadres peuvent facilement accroître leur salaire de 10 à 15%", ajoute Pierre Cannet, du cabinet Blue Search. Et cette envolée n’en est probablement qu’à ses débuts, car, selon les professionnels, il faudrait former chaque année de 8.000 à 10.000 nouveaux diplômés de plus qu’aujourd’hui pour satisfaire la demande. Ce n’est pas demain la veille.

Les experts du digital ne sont cependant pas les seuls à avoir la main sur le marché. Les ingénieurs classiques sont eux aussi très recherchés (en moins grand nombre toutefois), notamment par les bureaux d’études et les services de R & D qui travaillent sur la transition énergétique, les transports autonomes ou l’usine du futur. Les groupes de BTP, qui ont repris les embauches après le passage à vide d’il y a trois ans, en sont aussi redevenus très friands. Ils doivent en effet faire face à la forte reprise des chantiers, à commencer par ceux du Grand Paris, qui vont mobiliser des milliards dans les dix prochaines années. "Les bons ingénieurs travaux ou études de prix peuvent obtenir des augmentations, car on en manque", confirme Fabrice Berger, du cabinet Hays, qui constate également une hausse des recrutements de jeunes diplômés pour éviter de trop faire glisser la masse salariale.

Autre population en vue : les commerciaux. Sur le site Cadremploi, le nombre d’offres pour des vendeurs a grimpé de 12% en un an et représente à lui seul 30% des annonces ! Rien de plus logique. "Pour conquérir des parts de marché, les entreprises cherchent des profils capables de faire entrer de nouveaux clients dans leur portefeuille ", souligne Lionel Deshors, du cabinet CCLD. Là encore, le secteur informatique et télécoms fait partie des plus dynamiques. Et les employeurs n’hésitent pas à aller chasser chez le voisin si besoin. Hervé Cebula, le patron de MediaTech Solutions, un éditeur de logiciels spécialisé dans la satisfaction clientèle, peut en témoigner. "L’an dernier, j’ai perdu à la fois mon directeur des ventes, mon directeur de la télévente et un commercial grands comptes, tous partis pour de meilleurs packages."

Signe que l’équilibre des forces est en train de changer, les entreprises commencent à accepter des profils moins capés pour éviter la surenchère imposée par les cadres. "Elles n’exigent plus forcément un bac + 5 ou un spécialiste du secteur", constate Didier Perraudin, du cabinet Uptoo. C’est le cas d’Hervé Cebula : il a recruté de nouveaux commerciaux qui ne viennent pas du monde des logiciels.

Emploi : 15 profils que les entreprises s'arrachent

A la demande de Capital, le cabinet de recrutement Michael Page a établi une liste de métiers pour lesquels il constate une nette augmentation des demandes de missions par ses clients en quête de bons candidats. Le salaire annuel médian correspond à des postes en Ile-de-France pour les profils les plus recherchés et dont le niveau d’expérience est indiqué à côté.


Débutants et séniors, pas tous égaux face au recrutement

Cette manie de vouloir toujours les mêmes profils est d’ailleurs un vieux mal des DRH français. Comme on pouvait s’y attendre, les cadres les plus recherchés aujourd’hui sont ceux ayant entre deux et quinze ans de métier, confirment les différents cabinets interrogés. La moitié des embauches concerne les moins de cinq ans d’expérience. A l’inverse, la situation reste compliquée pour les plus de 50 ans, qui constituent bon nombre des demandeurs d’emploi et qui peinent à retrouver rapidement un poste. "Ils n’y parviennent souvent qu’au prix d’une baisse de rémunération", précise Philippe Burger, du cabinet Deloitte.

A défaut de retrouver un CDI, de plus en plus de seniors s’orientent vers des missions d’intérim ou de management de transition, où leur expertise est appréciée des entreprises.

Lorsqu’ils sont en poste, la majorité d’entre eux n’aspire d’ailleurs pas à bouger ni à prendre d’éventuels risques professionnels : ils n’étaient que 3% dans ce cas en 2016, contre 14% chez les moins de 30 ans, selon une étude de l’Apec. Mais, face à la hausse des besoins, cette dernière estime que les entreprises devraient élargir l’éventail de leurs embauches vers les plus confirmés, ainsi d’ailleurs que vers les débutants qui présentent l’avantage de maîtriser les dernières technologies. De ce côté-là, l’affaire paraît bien engagée puisque, selon la Conférence des grandes écoles, la part des diplômés sortant de leurs établissements sans emploi a chuté de 14,6 à 11,6% entre 2016 et 2017. Là encore, c’est le meilleur résultat depuis la crise financière de 2008.

La région parisienne reste la zone la plus dynamique de l'hexagone

Un autre facteur bien français influe aussi sur les recrutements et les salaires : le lieu de résidence. Avec près de 100.000 recrutements de cadres, Paris et l’Ile-de-France pèsent à eux seuls pour la moitié des embauches nationales, devant Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Paca. La plupart des sièges sociaux des grands groupes y sont en effet installés, de même que nombre de start-up et d’activités de services très dynamiques. Des entreprises plus nombreuses, un coût de la vie plus élevé… c’est aussi dans la capitale et sa région que les cadres sont les mieux rémunérés : en moyenne 10 à 20% de plus qu’ailleurs.

Pour éviter la surenchère, certaines sociétés de services choisissent désormais de délocaliser une partie de leurs équipes en province, à l’image de La Fourchette à Nantes ou de Qapa à Grenoble. Patron de l’éditeur de logiciels parisien Akio, Patrick Giudicelli a, quant à lui, créé un bureau à Montpellier pour y faire travailler ses développeurs. "J’ai eu beaucoup moins de mal à en trouver et à les fidéliser qu’à Paris, car la qualité de vie au travail est bien meilleure là-bas." Certes, ces initiatives isolées ne suffisent pas à inverser la tendance. "Avec 76% d’offres d’emploi en plus l’an dernier, la région parisienne reste la zone la plus dynamique du pays", constate David Beaurepaire, responsable stratégie de Regionsjob. Pas d’inquiétude toutefois : dans tout le pays, les principales métropoles lui ont déjà emboîté le pas.

(avec capital.fr)

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Mercredi 24 Janvier 2018
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