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New Areva, rebaptisée Orano, veut prendre un nouveau départ

Info du moment 7J/7 A53News.com - Mardi 23 Janvier 2018 - 0 Commentaire| Lu 179 fois |

La Défense (France) - La nouvelle société Areva, recentrée sur le cycle du combustible nucléaire, renommera Orano pour tourner la page sur la difficile restructuration d'Areva, s'installer à Châtillon (Hauts-de-Seine) et se développer en Asie et dans les services.



"Orano symbolise un nouveau départ", a déclaré mardi son directeur général, Philippe Knoche, en dévoilant la nouvelle marque dont le lancement doit coûter moins de 5 millions d'euros. Orano - jusqu'ici New Areva - est l'une des entités issues du sauvetage et de la réorganisation de l'industrie nucléaire française par le gouvernement.

L'entreprise, dont l'Etat est toujours actionnaire, est désormais recentrée sur le cycle du combustible nucléaire: exploitation minière, enrichissement de l'uranium, recyclage du combustible usé, logistique, démantèlement et ingénierie.

L'ancienne entreprise de réacteurs Areva (Areva NP), rebaptisée Framatome, a pour sa part passé sous le contrôle d'EDF en début d'année, tandis que la holding Areva SA maintient quelques activités dans son sillage: c'est essentiellement le site EPR difficile d'Olkiluoto 3 en Finlande, qui connaît des retards importants et des coûts supplémentaires.

Seule la holding devrait conserver le nom d'Areva, groupe né en 2001 de la fusion de Framatome (Franco-Américain des Constructions Atomiques) et de Cogema (Société Générale des Matériaux Nucléaires). Areva a été nommé d'après une abbaye cistercienne espagnole, Arevalo.

Le nouveau nom d'Orano, choisi parmi les 200 présentés à la direction par une firme spécialisée, est censé refléter le recentrage du groupe. Il s'inspire du grec Uranus et du latin Uranus, divinités qui ont donné leur nom à la septième planète du système solaire, qui est à son tour l'origine du mot uranium. La couleur du logo, en forme de cercle, est jaune en référence au yellowcake, un concentré d'uranium.

- Asie et services -

Avec le nouveau nom, Philippe Knoche présente ses ambitions stratégiques.

Orano souhaite déployer ses activités en Asie notamment avec «l'ambition d'atteindre 30% de son chiffre d'affaires» d'ici 2020 (contre un peu plus de 20% aujourd'hui), a-t-il déclaré.

Il vise également à avoir un cash flow net positif "à partir de cette année 2018 et chaque année qui vient".

En 2020, Orano veut enfin employer une personne sur deux dans les services (contre environ 40% actuellement). C'est "un équilibre entre deux jambes", la production et les services, a déclaré Philippe Knoche.

Le directeur a également profité de l'occasion pour annoncer que le siège «quitterait la tour Areva pour un bâtiment Orano où nous serions locataires d'ici 2019». Le nouveau siège, qui restera localisé en région parisienne mais passera de La Défense à Châtillon (Hauts-de-Seine), permettra de réduire les dépenses immobilières de 15 à 5 millions d'euros.

Le nouveau nom est aussi un moyen de tourner la page des problèmes d'Areva, qui avait souffert de choix stratégiques dangereux mais aussi de la crise nucléaire suite au désastre de Fukushima au Japon en 2011. La société a été sauvée au prix de milliards d'euros injectés par l'Etat et des milliers de suppressions d'emplois.

Le secteur reste dans une phase difficile: seuls quatre réacteurs ont démarré l'année dernière dans le monde et trois ont fermé. Le marché de l'uranium est tellement déprimé que plusieurs mines ont été fermées à travers le monde.

Pour relancer, Orano a bénéficié d'une contribution d'argent frais: 3 milliards d'euros au total, dont 2,5 milliards de l'Etat français et 500 millions de compagnies japonaises Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL) et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) à paraître prochainement.

Le groupe espère également finaliser cette année un contrat géant estimé à au moins 10 milliards d'euros pour développer en Chine une usine de retraitement de combustible usé.

Cependant, Philippe Knoche a souligné que l'avenir d'Orano ne dépendait pas entièrement de cette éventuelle signature: "Nous nous assurons que l'un ou l'autre contrat ne soit pas une condition de survie".

(avec lexpress.fr)


Mardi 23 Janvier 2018
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